Quand on pense à la musique japonaise, on pense souvent à la J-Pop, à la J-Rock, au Visual Kei ou encore à l’Enka (une musique populaire proche de la variété) !
Mais avant que n’apparaissent ces courants musicaux récents, la musique japonaise traditionnelle s'est épanouie à travers toute une palette d'instruments traditionnels variés, pour la plupart importés des pays voisins, principalement la Chine, la Corée et l'Inde.
ZenMarket vous propose un petit tour d'horizon de ces grands classiques dont l'utilisation décline, mais dont les sonorités résonnent encore beaucoup de nos jours.
Le Taiko
Le Taiko (太鼓), littéralement le « grand tambour », aussi appelé wadaiko (和太鼓, littéralement « tambour japonais ») sur l’archipel, est un instrument très ancien au Japon car on en trouve déjà des traces au XIe siècle sur des sépultures.
Pratiquer le taiko est très physique et requiert une maîtrise des mouvements du corps parfois associée à la pratique d’un art martial, notamment au niveau des jambes et du bassin. En ce sens, le taiko peut être considéré, selon les sensibilités, comme une musique, un art martial, une méditation ou une danse.
De nos jours, on retrouve des répliques de taiko dans les Taito Game Stations avec les iconiques jeux “Taiko no Tatsujin” (le maître du taiko) où vous devez suivre le rythme des chansons en frappant sur des tambours.
Le Koto
Le koto (琴 ou 箏), aussi appelé « harpe japonaise », ressemble beaucoup à une longue cithare de près d’1,80 m de long et possède ordinairement 13 cordes. Originaire de Chine et de Corée, il a été introduit au Japon vers le VIIIe siècle, principalement à la Cour impériale.
Tout comme le taiko, l'instrument est posé au sol pour y jouer et se décline en différentes tailles selon le nombre de cordes dont il dispose. Les joueurs de koto sont souvent des femmes qui chantent en plus de manier les cordes.
Le koto produit ce son de cordes pincées à l'aide de trois doigts de la main droite (le pouce, l'index et le majeur) si caractéristique et si typique des antiques musiques nippones, ce qui en fait probablement l'instrument de musique japonais le plus populaire à l’étranger.
Le Shamisen
Le shamisen (三味線, « trois cordes parfumées » ou « trois cordes du goût ») est aussi un instrument de musique traditionnel à cordes pincées. C’est un genre de luth mesurant de 110 à 140 cm qui ressemble beaucoup à un banjo. Il fut introduit sur l’île d’Okinawa au milieu du XVIe siècle.
Le shamisen se joue agenouillé, souvent accompagné d’un chanteur. Il a été utilisé avec des voix dans les chants populaires, dans les orchestres de kabuki (le théâtre japonais traditionnel) et a pendant longtemps été l'instrument de prédilection des geishas.
Des chanteurs et musiciens modernes ont encore aujourd’hui parfois recours au shamisen pour les sonorités rythmées qu’il permet de produire, comme Wagakki Band, un groupe de musique japonais.
Le Shakuhachi
Le shakuhachi (尺八) est une flûte japonaise, d'origine chinoise, à cinq trous, droite, fabriquée en bambou.
Elle est utilisée pour la musique traditionnelle et pour la méditation Zen. Le musicien est là aussi généralement agenouillé, assis sur ses talons et souffle dans son instrument un peu à la manière dont on soufflerait dans le goulot d’une bouteille vide.
Le shakuhachi est un instrument très polyvalent, traditionnellement associé au koto et au shamisen dans le cadre des musiques du Bunraku (théâtre de marionnettes). La polyvalence de cet instrument lui permet de dépasser le cadre des arts traditionnels japonais et on l'utilise aujourd’hui dans le jazz ou la musique contemporaine.
Il existe plusieurs autres sortes de flûtes japonaises comme le shinobue, le hocchiku ou encore le nôkan à 7 trous.
Le Biwa
Le Biwa (琵琶), instrument à cordes traditionnel japonais, est aussi un apport de la culture chinoise au Japon. Les plus anciens instruments datent du VIIIe siècle. C'est un luth à manche court dont le nom évoque le lac du même nom, le plus grand lac japonais dont il rappelle la forme.
Le musicien doit jouer à genoux dans la position seiza, l'instrument soit posé horizontalement sur les genoux, soit posé en oblique sur les genoux.
Le musicien utilise un très large plectre (nommé bachi - 撥) en forme d'éventail, en bois très dur, tenu à pleine main. Il a non seulement un rôle mélodique, mais aussi rythmique puisqu'il peut mettre en vibration plusieurs cordes successivement. En outre, il a une fonction percussive, car on le plaque très souvent de manière violente et sonore contre la table d'harmonie, ce qui produit un son claqué très sec. Il peut aussi être frotté contre les cordes et produire ainsi des effets de crissement intégrés à la musique.
Le joueur peut chanter et jouer en même temps.
Le Shô
Le shō (笙) est un instrument un peu atypique puisqu’il s’agit d’un orgue de bouche. Il est composé de 17 tuyaux en bambou de différentes longueurs. Chaque tuyau en bambou est connecté par le bas et il produit un son, que le musicien insuffle ou expire par l'embout buccal.
Il a pendant longtemps accompagné la musique gagaku, qui désigne l'ensemble des répertoires de la musique de cour du Japon.
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Il existe bien évidemment d’autres instruments japonais traditionnels comme le tsuzumi (鼓) un petit tambour à main, le kokyū (胡弓), un violon de deux à quatre cordes, seul instrument japonais joué avec un archet ou encore le tonkori (トンコリ) qui est un instrument de musique issu de la culture des Aïnous, un peuple autochtone vivant dans le nord du Japon.
Bonus : L’Otamatone
L’otamatone (オタマトーン) est un véritable alien dans le paysage musical nippon. Contrairement aux instruments traditionnels présentés ci-dessus, c’est un instrument de musique électronique, un genre de synthétiseur développé récemment au Japon par la société Cube Works.
Pour jouer, il faut utiliser ses deux mains : une main tient et serre la « tête », l'autre contrôle la hauteur en glissant le doigt le long d'une barre placée sur la hampe et le son émerge d'une sorte de bouche sur la tête de note.
Il en existe plusieurs versions colorées et certains à l’effigie de personnages comme Kirby, Hatsune Miku ou Kumamon.
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